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Résumé :

 

Mai 2018. Un homme est retrouvé empalé dans le château du Haut-Koenigsbourg en Alsace. Le tueur laisse un indice troublant : une lettre signée d’un symbole enfantin.


La brigade criminelle de Strasbourg conduite par Sylvain Decker remonte cette piste mystérieuse.


Victime de phénomènes étranges, l’enquêteur voit sa vie basculer, lorsqu’il rencontre Rebeka pour la première fois dans un rêve. Qui est ce personnage venu le hanter ? Jusqu’où vont le conduire ses investigations ?

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« Rebeka » est un thriller fantastique haletant, rondement mené et bien écrit. L’auteur emporte ses lecteurs auprès des victimes de meurtres qui dépassent l’entendement, ainsi qu’auprès d’un capitaine de brigade criminelle, le personnage principal de ce récit, j’ai nommé ; Sylvain. 

 

Pour commencer, j’aime beaucoup la couverture, très représentative de cette histoire. L’atmosphère qu’elle dégage est à l’image de celle qui s’installe lorsqu’on tourne les pages de ce roman. 

 

Le ton est donné dès le premier chapitre … Au menu ? Uchronie, surnaturel et meurtre. Ce n’est que le chapitre suivant que l’enquête commence. Ainsi, ce livre débute comme tous les thrillers ; avec un meurtre surprenant accompagné (d’entrée de jeu) par beaucoup de questionnements. Le rythme va crescendo, les péripéties s’enchainent, de la plus petite perturbation, aux interventions les plus fracassantes !

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Ainsi l’auteur a choisi de narrer son histoire en la basant sur les atrocités perpétrées pendant la seconde Guerre Mondiale par les nazis. Et plus précisément, par un médecin, qui sévissait dans un camp de concentration (Josef Mengele, un criminel de guerre, maillon actif de la Shoah, ayant véritablement existé). Ce dernier sélectionnait les enfants déportés afin de pouvoir leur faire subir des essais cliniques … Ce sont de ces choix et expérimentations « qu’a vu le jour » la « Rebeka » de Loïc Schott (fiction)  … 

 

L’auteur sait vraisemblablement poser les décors, et installer l’atmosphère de son choix. Ainsi, l’immersion est quasi instantanée, tandis que les environnements traversés par les personnages sont savamment décrits, à grand renfort de ; références musicales, sons, sensations, etc…  

 

Le héros de cette histoire, ne répond pas aux archétypes auxquels nous sommes habitués. En pleine crise de la quarantaine, il est incapable de mettre un terme à sa relation maritale (qui part à vau-l’eau depuis des années) de façon correcte. Il est également (et de manière très clichée), attiré par sa collègue (leur relation ne m’a qu’à moitié convaincu). Il est aussi et surtout, à deux doigts de l’effondrement psychique … Un drôle de tableau, pour un protagoniste à fleur de peau ! Il n’en est pas moins vrai qu’il est travaillé, et qu’il ajoute à l’atmosphère du roman à travers la tension perpétuelle qui le traverse. Ajouter à cela un esprit frappeur et pouvant interagir avec le commun des mortels, même interférer dans le réel, et vous avez une petite idée de ce que vous propose Loïc Schott. 

 

Les personnages secondaires sont moins travaillés (à mon sens). D’ailleurs « la haine », ou plutôt le ressentiment que la compagne de Sylvain engendre de façon unanime est (à mon sens) injustifiée. Elle est certes agaçante, mais pas au point de mériter « toute le rejet du monde ». Si l’objectif était de rendre le héros plus appréciable, dans mon cas, c’est complètement raté. À la limite, si leur histoire de couple, leur ressentiment mutuel et son vécu émotionnel (à elle) avaient été approfondit, peut-être aurais-je davantage compris. D’autant que leur conflit prend beaucoup de place dans la première partie du livre, sans pour autant offrir un autre point de vue que celui de l’homme « qui n’en peut plus d’entendre sa garce de femme se plaindre de ses absences répétées » (un autre cliché). Le mot de la fin n’a pas eu raison de cette opinion, me concernant. 

 

Je rappelle ici, que je n’ai pas besoin de m’attacher aux personnages pour m’approprier un récit et l’apprécier. Alors oui, j’ai trouvé le héros antipathique, oui il m’a fortement agacé. Mais, il n’en est pas moins vrai que j’ai dévoré ce livre et que j’ai été happée son intrigue.

 

La plume est fluide et travaillée, sans fioritures. L’intrigue, elle, est très équilibrée entre les faits historiques, l’enquête et le pan fantastique. Tandis que l’histoire est haletante, addictive. On ne s’ennuie aucunement, le roman se lit très facilement d’une traite. Les chapitres sont courts et s’enchainent, au gré du rythme que l’auteur impose, avec cohérence.

Vous l’aurez compris, ce que vous propose Loïc Schott, c’est une enquête pleine de mystères, aux tenants et aboutissants brumeux et aux conséquences terribles … Le tout, au gré d’une ambiance sinistre, parfois poisseuse et crue. J’ai beaucoup apprécié le dénouement qui m’a prise de court, je dois l’admettre. En revanche, certaines questions resteront sans réponse, même une fois la dernière page tournée … 

 

En conclusion, j’ai été captivée par l’intrigue qui se tient du début à la fin et happe à la lecture. Je suis bien plus mitigé par les interactions entre les personnages, que je trouve réductrices et déséquilibrées. En revanche, mêler enquête et surnaturel a rendu cette histoire attrayante, tandis qu’ajouter des faits historiques l’a rendu solide. Il s’agit là d’un premier roman intéressant, prometteur, qui laisse présager un avenir florissant pour l’auteur.