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Résumé :

 

État de Rhode Island, 1986.


Danny Ryan, 29 ans, est docker. Intelligent, loyal et réservé, il n'a jamais vraiment trouvé sa place au sein du clan des Irlandais qui règne sur une partie de la ville. Son rêve  : fuir loin de cet endroit où il n’a pas d’avenir.


Mais lorsque Paulie Moretti, mafieux d’une famille italienne jusque-là amie, s’affiche avec sa nouvelle conquête, Hélène de Troie des temps modernes, Danny se retrouve mêlé à une guerre sans merci à laquelle il ne peut échapper.


Il lui faudra s’imposer enfin et affronter un déchaînement de violence sans précédent pour protéger sa famille, ses amis, et la seule patrie qu’il ait jamais connue.
 
Avec La cité en flammes, Don Winslow livre le premier tome d’une trilogie magistrale, transposition des épopées antiques : la ville de Providence est Troie incendiée par les Grecs, Danny Ryan un héros homérique digne  d'Énée. Une Iliade contemporaine.

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Le tome 1 de « La cité en flammes » de Don Winslow est mon premier roman de cet auteur. Une lecture qui m’a sortie de ma zone confort, mais qui pour autant m’a séduite.

 

Le récit emporte son lecteur dans le Rhode Island, au sein de Providence : témoignant des interactions, tantôt badines, tantôt houleuses, entre un clan de mafieux italiens et un autre d’Irlandais. Ils coexistent depuis des années, se partagent les parts d’un territoire et d’un business, non sans quelques accrochages.

 

Le personnage principal de cette histoire appartient au second groupe. Il aurait d’ailleurs dû hériter du « royaume » de son père. Mais, son paternel ayant été déchu par son addiction - et donc été remplacé avant l’heure - le héros de cette histoire, se retrouve en arrière-plan, simple conjoint de la fille du nouveau boss.

 

Un protagoniste qui sait où sont ses intérêts, qui participe à la vie du clan et contribue à faire entrer de l’argent (avec certains moyens douteux, mais pas trop). Pour autant, le lecteur découvre un homme gentil, qui répugne devoir aller si loin parfois … un « bon petit soldat », mais aussi et surtout, « un mec relativement bien ».

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L’intrigue est prenante, et le parallèle fait avec l’Iliade (tout au long du roman) est astucieux. Pour ceux à qui ça ne parlerait pas, mais qui sont amateurs de « Peaky blinders », vous allez, vous aussi, vous y retrouver rapidement ! Ici, on observe la propension de l’homme a déclenché une guerre pour la satisfaction de son ego. Une guerre qui émerge suite à l’apparition d’une jeune femme -jolie cela va sans dire - qui bouscule tout ce microcosme bien rodé. Elle passe d’une paire de bras à une autre, et ouvre (sans en prendre la véritable mesure) les hostilités.

 

L’auteur emporte son lectorat au coeur des dynamiques de groupe au sein des clans qu’il propose. Ainsi les anciens, tout en haut de la pyramide, déplorent le conflit qui va en grossissant. Tandis que les plus jeunes, à quelques pas de gravir les échelons, se sentent investis d’une mission : détruire, conquérir, asseoir sa puissance et son autorité. Évidemment, un comportement d’effronté, qui va conduire presque tout ce beau monde à la ruine.

 

Le protagoniste, dans cette débâcle, se voit progressivement investi d’un rôle dont il se serait bien passé, essuyant la perte et la responsabilité, en plus de sa famille et des crises qu’elle traverse. C’est sans compter sur l’intervention des fédéraux … Il se retrouve alors tiraillé entre ; son devoir de conjoint (et bien plus), sa loyauté, et la nécessité de survivre.

 

La plume de l’auteur est fluide, percutante, tandis que les décors sont savamment mis en place et que le récit se meut page-turner addictif. L’intrigue est bien ficelée, les personnages travaillés, attachants. Leurs interactions et réactions, elles, sont cohérentes et crédibles. Ce que vous offre Don Winslow, c’est une histoire attrayante, haletante, au rythme effréné, qui évolue au gré de petits forfaits, contre de grandes défaites (pour les uns comme pour les autres). Un jeu du « oeil pour oeil, dent pour dent » qui aurait pu s’arrêter bien avant … si la fierté des uns, n’avait d’égal l’orgueil des autres. Une chose est sûre, certains auraient dû s’en tenir à l’adage qui veut que ; « si on se venge, la vengeance ne doit pas dépasser l’offense » !

 

Entre les coups fourrés, les traitrises, les passages à tabacs et les meurtres, vous découvrirez également ; des femmes, des enfants, des pères, des frères, des soeurs, des amis, qui portent chacun à leur façon, un fardeau. Bien sûr, cette affluence de personnages, induit un grand nombre d’interactions et donc de mouvements en termes : d’alliances, de trahisons, de jalousie, de convoitise, d’amour, de haine, etc…

 

Vous l’avez compris, j’ai passé un très bon moment de lecture. Ce premier tome est porteur d’un potentiel certains et se lit très facilement, je dirais même rapidement. Je l’ai découvert dans le cadre d’une lecture commune, et il m’a fallu me forcer, pour refermer ce livre et le lire au rythme imposé. En revanche, l’entrée dans le récit peut être difficile, tant il y a de personnages. Pour autant, on s’y fait vite, et passer la première partie du roman, on s’y retrouve très facilement. Aux amateurs ; de romans noirs, de descriptions parfois crues, d’ambiance quelque peu sinistre, occasionnellement poisseuse, de mafia, de guerre de clans, de business et de personnages solides, ce roman est fait pour vous !