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Résumé :

 

Une enfant de la tribu de Dana, les dieux de la terre d’Érin, a vu le jour dans le royaume des hommes. Mi-déesse, mi-mortelle, Avana est la clé pour ouvrir la porte des Ténèbres et sera traquée pour son sang par le Grand Seigneur Zha’hor. 

À l’adolescence, ignorant le secret de sa naissance et attristée que l’on refuse de lui transmettre l’enseignement des druides, elle fugue jusqu’en Scottie.

Le destin mettra sur sa route une femme initiatrice prête à lui transmettre les secrets de la Foi Antique. C’est dans une forteresse emplie de jeunes garçons fougueux que l’on entraîne à devenir des guerriers que la jeune Ulate rencontrera Valmir, le Connaughta, ennemi de son peuple, mais qui fera battre son cœur…

Fille du dieu-Lumière Lug mais aussi de la maléfique Ess Enchenn, Avana sera confrontée à son Ombre. Rejetée par son peuple pour avoir tenté de délivrer sa mère, l’enfant-Lumière saura-t-elle résister à l’appel des Ténèbres ?

Pendant ce temps, le druide Emroth, le cœur brisé par le départ de celle qu’il aime, se retire sur l’île de Man pour apprendre les secrets de la magie élémentale. 

En compagnie des Mages, il s’engagera corps et âme dans la quête des 4 éléments, qui, réunis en un disque, sont le seul espoir pour les habitants de la terre d’Érin de survivre à l’invasion des Ténèbres.

Laissez-vous transporter dans cette saga celtique emplie de magie, qui prend la forme d’un roman initiatique où les personnages doivent maîtriser leur Ombre et trouver en eux la Lumière.

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Le tome 1 de « Avana » propose à ses lecteurs de plonger au coeur du folklore Irlandais et celte. Ainsi l’histoire se déroule en Irlande (bien évidemment) et quelque temps en Scottie. On suit alors les tranches de vie de l’héroïne, de sa naissance à sa mort, de ses pérégrinations, sa maturation, ses apprentissages, à ses illusions et désillusions … Autant vous le dire tout de suite, ce que ce premier tome vous propose, c’est avant tout de suivre l’avancée d’un personnage perturbé !

 

L’auteure prend le temps de poser son cadre, de narrer la construction de son univers sans en faire trop. Ainsi l’on découvre le monde des Hommes, celui de l’En-deça appartenant aux créatures des ténèbres et Le Sidh qui n’est autre que celui des Dieux. S’ajoutent à ce petit / grand Monde, les éléments (esprits de la nature) qui s’incarnent tout au long du récit. 

 

Toute l’intrigue tourne autour de son personnage principal, et après-tout pourquoi pas ? Une enfant, puis jeune fille et enfin femme, qui ignore tout de ses origines et qui se débat avec son conflit intérieur. Un tumulte dont elle ne connaît ni l’origine, ni la raison, duquel elle ne saurait se prémunir, ignorante de son propre sort.

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Un passé, que chaque enfant de sa communauté ne manquera pas de lui faire payer (et ce jusqu’à sa pré-adolescence au moins), sans pour autant le révéler par mégarde (ça sert le récit, mais c’est peu crédible). 

 

En plus d’un passé flou, au secret bien gardé par ses pairs, elle se débat avec sa propre personnalité, son identité. Offrant au lecteur une approche très binaire de ce qui fait d’elle ce qu’elle est. A ignoré d’où l’on vient, on en perd de vu le chemin qu’on veut suivre ; c’est en tous les cas, ainsi que s’illustre la vie de la protagoniste. 

 

Il est important de noter que si ses proches avaient pris la peine de la mettre dans la confidence - de lui faire confiance et de lui accorder la possibilité de faire son choix - l’histoire aurait certainement pris un tournant, offrant d’autres perspectives au monde des Hommes imaginé par l’auteure. Et même d’autres possibilités de chute pour l’héroïne. 

 

J’ai d’ailleurs eu beaucoup de mal à comprendre que son peuple / son roi l’ai épargné. Sans trop en révéler ; faire d’elle le salue de toute une communauté (a posteriori d’une catastrophe dont elle serait responsable), ne lui enlève en rien le danger qu’elle représente.

 

Autre point discutable selon moi, l’approche un tantinet « douteuse » de la femme dans cette histoire. Reprendre les croyances en lien avec la féminité et les menstruations à l’époque où les croyances primaient et où la femme avait un rang de moindre importance, est très intéressant et même judicieux. Pour autant, illustrer la déchéance du personnage par sa sexualité m’a laissé un petit goût amer. Ici, elle accède aux ténèbres par la luxure (entre autres choses) … En revanche se faire déflorer par le roi, n’est discutable que parce qu’elle est la fille d’un Dieu … 

 

D’ailleurs, ici, l’héroïne est très impressionnable, prends sur elle pour se montrer courageuse, découvre son corps et celui des hommes (encore très naïve, mais bien consciente de certaines limites). C’est donc avec surprise que j’ai lu le passage où elle touche sans préambule, ni même hésitation, de façon inappropriée, un adulte qu’elle connaît depuis sa plus tendre enfance, au rang éminent (qui plus est), alors qu’il est souffrant … Curiosité ? D’accord. Mais je trouve ça extrême, compte tenu de ce qu’on sait du personnage … 

 

C’est à partir de là que le conflit entre les parts d’Ombre et de Lumière m’a paru très stéréotypé. L’héroïne qui gagne en assurance, aime séduire, cherche l’épanouissement, le pouvoir, pense par elle-même et désir, ne fait que faire pencher un peu plus la balance vers sa Noirceur. Alors que la candide, la pure, et l’innocente, se laissant dicter par son père adoptif, répondait aux attentes de la Lumière … C’est cohérent dans le monde et pour l’époque représentée dans l’histoire. Pour autant, j’ai beaucoup de mal, en tant que femme, a adhéré au message que ça véhicule. Maintenant, il ne s’agit là que d’une fiction, et dans la logique de l’auteure pour ses personnages, ça prends sens. Il faut reconnaître que ça sert grandement le récit. 

 

L’intrigue est donc très simple, mais amenée de sorte qu’on a envie d’en apprendre davantage. Même si le dénouement est annoncé dès le début du livre, on est curieux de comprendre comment la protagoniste en arrive à s’égarer. Il n’est d’ailleurs question ici, que d’un premier tome, et maintenant que sa lecture est terminée, j’ai réellement envie d’en découvrir la suite, pour voir où toutes ses aventures nous mènent !

 

La plume de l’auteur est fluide, même harmonieuse, laisse la sensation de découvrir un conte., tandis que les pages se tournent sans difficulté. Les décors sont joliment décrits, tandis qu’on en viendrait presque à s’imprégner de l’atmosphère que met en place l’auteure. Pour autant, l’histoire se déroule aussi rapidement entre ses pages, qu’à la lecture. De fait, les événements se suivent, se superposent, promptement, laissant le lecteur sur sa faim, ou donnant une sensation de facilité dans certaines phrases du récit. J’aurais apprécié que l’auteure me laisse le temps d’imaginer, d’anticiper, de fantasmer la suite de certaines péripéties … 

 

L’univers est enchanteur, les personnages travaillés (même si quelques approfondissements seraient les bienvenus) et attachants. Annie Lavigne a eu ici, une super idée, prometteuse, qui se délie certainement avec le second et le troisième tome de cette saga. J’aurais aimé les avoir d’ores et déjà en main, car il n’est jamais très simple d’appréhender une histoire avec un premier volet. Le rôle d’introduction impliquant de poser les fondations, d’aller vite, de narrer à la fois l’Histoire de tout un univers et d’introduire les protagonistes importants. Les quelques bémols que j’ai relevés sont d’ailleurs certainement dus à cette contrainte. 

 

En conclusion, une histoire que j’ai appréciée, même si quelques points m’ont questionné. Je suis curieuse de voir comment évolue son héroïne et même les Hommes de cet univers. Un Monde, pour ne pas dire, des Mondes, tout entiers, biens pensés et riches. Le folklore est savamment exploité, tandis qu’on constate du travail d’articulation de l’auteure. Un moment lecture qui ravira certainement les amateurs de légende, de mythologie et de magie.