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Résumé :

A l'âge de sept ans, Risten est forcée de quitter sa mère dans le Nord de la Norvège et d'aller vivre avec son père dans le Sud du Danemark où il a décidé de s'installer avec sa nouvelle femme.

Habitée par les croyances et superstitions ancestrales de la culture Sami, elle se retrouve, du jour au lendemain, complètement déracinée. Et sans sa grand-mère, il n'y a plus personne pour la protéger contre les ruses maléfiques des sous-terriens...

Un voyage surprenant dans l'imaginaire d'un enfant aliéné qui se heurte à la norme d'une société moderne dominée par le culte des bonnes intentions.

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« La petite fille et le monde secret » nous emporte dans le nord, ou les cultures danoise et Sàpmi s’entrechoquent. On s’attend (en faute, le titre et le résumé) à un récit empreint d’un peu de « magie », de folklore… Mais rien de la sorte, si ce n’est la croyance infaillible d’une vieille dame (alimentant par la suite les cauchemars et peurs d’une enfant), ne viendra teinter les pages de ce roman.

Ces pages, qui nous témoignent d’un récit simple, direct et sans fioritures. Les personnages ne sont pas enjolivés, et leur vécu exposé dans sa vérité la plus crue. Il est difficile de s’attacher, qu’il s’agisse ; des parents, de l’héroïne, de sa grand-mère, de sa belle-mère… Si ce n’est de son ami d’enfance et futur mari, que j’ai trouvé attendrissant (même s’il est très peu développé).

On y observe l’enfance, la maturation et la vie de Risten qui nous dévoile toute la fragilité de l’esprit d’un enfant, qu’un adulte, même bien intentionné, peut facilement influencer, mais également hanter. Son personnage, bien qu’en souffrance, ne m’a pas attendri. Elle évolue en marge, détachée du monde par choix. Non pas qu’elle soit dépourvu d’émotion, mais elle s’approprie, choisi, contrôle, délaisse, méprise, … à l’image des adultes qui l’entourent. Un choix de l'auteure qui se respecte, mais qui m'a tenue à distance.

Il n’y a que face à son mari, qu’elle est, ce qu’elle est véritablement, jusque dans son chagrin. En revanche, il est intéressant de constater que le schéma ne se répète pas à la génération suivante.

Un roman dur, sans concessions, élaborant la description, simple constat de la débâcle de son héroïne avec ses angoisses et la quête de son indépendance. Il est également question ici, d’une quête des origines, identitaire… Ainsi que de la question de la transmission inter-générationnelle et de l’idéal qu'une enfant construit de sa mère, mais aussi de la mère qu'elle fera..

Sont également évoqués ; des questions religieuses / idéologiques, l’inceste, la rupture de liens, l’abandon, l’adoption, la famille reconstituée, le désir d’enfant, l’aliénation, la superstition, etc… Tandis que sur un autre plan, on observe le déracinement, la perte de repères, la séparation, et le manque.

Les secrets de famille sont le fil rouge de ce récit, secrets qui n’ont fait qu’alimenter le sentiment d’insécurité et l’imaginaire de Risten.

Le parcours de l’héroïne n’a rien d’ordinaire, teinté d’amertume, il est même peu souhaitable, pour ne pas dire pas enviable. Un parcours jalonné par le manque de compréhension de ses parents, mais également de ceux qui l’entourent (hormis Niels).

Une lecture en demi-teinte, comme ça n’était pas arrivé depuis longtemps. Mais j’ai apprécié les descriptions de paysage, les allers-retours entre présent et passé, la plume de l’auteure, tout comme le floue artistique dans lequel elle plonge le lecteur. De fait, le contenu se lit bien, mais on ne sait pas où on va, ni pourquoi on continue de lire.

Le dénouement de ce petit roman m’a surprise, même si le dernier chapitre laissait présager de sa teneur. En conclusion, une lecture qui m’a laissé perplexe.