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Résumé :

Je m’appelle Melissa Allen, et je livre des burgers à vélo. Ouais. C’est pas ce que je voulais avoir sur mon CV, mais quand on a raté sa bourse d’études à un dixième de points près… on essaye de se débrouiller.

Mon rêve, c’est plutôt le paradis nerd californien. Un poste chez un des géants de la Silicon Valley… Je suis sûre que j’ai le niveau pour ça.

Mais il faut les diplômes (d’un cursus prestigieux, si possible). Et donc, l’argent. Avec mes petits boulots, je n’aurai jamais ni l’un ni l’autre, c’est sûr…

Et pourtant… à force de traîner sur des darknets, je vois d’autres moyens. Pas tout à fait légaux, d’accord. Ransomwares, chevaux de Troie qui s’attaquent aux identifiants bancaires…

Même avec mon portefeuille de cryptomonnaie pas très garni, il y a l’embarras du choix.

C’est juste pour payer mes droits d’entrée, promis. Et si possible, pas ceux d’une cellule, combi orange comprise. Le tout, c’est de garder le contrôle.

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C’est la première fois que je lis un roman sur ce thème : le hacking. Je n’ai d’ailleurs aucune notion en informatique (hormis les bases acquises pour la navigation et la manipulation des outils). C’est probablement ce qui a induit mes difficultés à accrocher les 100 premières pages. Heureusement, c’est vulgarisé et (encore mieux) traduit (lexique). D’autant que l’intrigue met du temps à s’installer (ce qui a sûrement induit mes difficultés à m’immerger).

On lit à travers les pensées de Mélissa, personnage principal de ce roman. On la suit dans sa débâcle professionnelle, son désappointement et ses espoirs. Un récit écrit à la première personne du singulier donc. Ça faisait longtemps me concernant. Une lecture, qui, une fois les premiers mots inconnus passés et la façon de parler / penser de Mélissa assimilée, s’avère rapide et simple. En revanche, le choix narratif induit quelques longueurs, et des digressions… Même si bien sûr, pour entrer dans la tête du personnage, il faut en passer par là.

Une histoire qui incarne une fuite en avant, une situation complexe qui s’envenime inlassablement, qui s’enlise un peu plus chaque chapitre.

On observe la protagoniste se débattre avec les conséquences d’un petit écart de conduite (qui, pourtant, aurait tout aussi bien pu ne jamais survenir). C’est à la fois un bon point, mais également le principal bémol de ce livre (pas dans l’intrigue, mais dans la façon dont se succèdent très rapidement les évènements). Qui plus est, je trouve que ça manquait de punch (trop soft pour moi, je suppose).

Un cyber thriller qui prend les allures d’un page turner, mais qui pose le décor en douceur. Qui laisse le lecteur entre apercevoir tout ce qui fait de Mélissa ce qu’elle est, ce qu’elle vit, mais aussi (et surtout) pourquoi elle fait ce qu’elle fait. Ici, pas de personnage surfait, qui surmonte les obstacles, etc… Rien qui réponde aux clichés auxquels nous sommes tous habitués. Elle est intelligente, mais franchement pas aidée par les moyens que lui a accordé la vie. Elle est débrouillarde, volontaire, bosseuse, mais aussi émotive, trouillarde (ce qui ne l’empêche pas d’être courageuse) et impulsive. Mais Mélissa est surtout très jeune, peu expérimentée et pas préparée.

L’auteur nous immerge dans les méandres sombres et fallacieux du net. Notre guide ; Mélissa (évidemment), une « geek » plutôt douée, qui se prend pour une noob. Malheureusement, pour espérer un jour pouvoir mettre à profit, et même avant ça, pouvoir aiguiser ses compétences… elle doit obtenir un diplôme afin d’accéder un jour à un emploi dans la programmation. C’est cette nécessité qui enclenche l’intrigue vers un parcours semé d’embuches.

Le récit est cohérent, on sent que celui qui l’a écrit maîtrise son sujet. L’ensemble ; qu’il s’agisse des personnages, des dialogues, des descriptions, des péripéties semblent (pour moi) s’emboiter parfaitement. Bref, c’est très crédible. Si ce n’est, que tout repose sur les épaules d’une jeune adulte complètement dépassée.

Un premier roman intrigant, qui m’a tenu en haleine, dont le déroulement se tient et dont le dénouement m’a plu (ouverture). C’est appréciable de pouvoir constater des efforts de l’auteur pour rendre son histoire accessible au plus grand nombre. Un plume dotée d’un style simple et moderne, accrocheur pour une lecture sans fioritures. Des personnages attachants et de l’humour disséminés ici et là apportent à la lecture quelque chose en plus.

Mais malheureusement, je n’ai pas frissonné, j’étais happée, je voulais connaître la suite, mais n’ai pas ressenti le moindre sursaut d’angoisse, de stress ou d’inquiétude. C’est dommage, dans la mesure où l’histoire aurait pu y parvenir. J’ai, un peu, anticipé les événements, ce qui a certainement contribué à ce manque. Point positif, CGU nous fait une leçon sur les dangers du net. Une leçon qui se fait réflexion / morale inquiétante (pour ne pas dire plus) quant à l’utilisation que nous avons de l’outil qu’est la toile.

En conclusion, j’ai passé un bon moment lecture. J’ai découvert un style et une histoire qui changent de ce que je lis habituellement. J’ai même appris et c’est très appréciable. Malgré quelques bémols, c’est un premier roman intéressant, qui trouvera ses lecteurs, sans aucun doute. Je suis curieuse de voir ce que l’auteur écrira par la suite.