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Résumé :

Un soir, dans les rues de Washington, Harper, 17 ans, est témoin d’une tentative d’enlèvement. Faisant fi du danger, la jeune femme, partiellement handicapée, s’interpose. Mais le kidnappeur lâche sa première proie et, après avoir maîtrisé Harper, l’emmène avec lui…

D’un coup de baguette magique, ou presque, Harper bascule dans un autre monde. Elle découvre un lieu qui a tout du château de conte de fées : orchestre sans musiciens, cuisine enchantée et, bien sûr, prince beau et énigmatique. Prince maudit, en vérité.

Coincé dans un automne éternel, le prince Rhen cherche à débarrasser son peuple d’une créature sanguinaire. C’est pour briser le sort qu’il ordonne au commandant Grey d’enlever des jeunes femmes, saison après saison… Mais ce qu’il ne dit pas, c’est qu’il est lui-même ce monstre assoiffé de sang. Pour rompre la malédiction, il doit se faire aimer avant le début de l’hiver, avant qu’il ne se remette à tuer… Rien de plus aisé, en apparence, pour ce jeune homme séduisant. Pourtant, aucune des centaines de jeunes femmes avant Harper n’a succombé à son charme.

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Un sort si noir et éternel se veut réécriture moderne de la belle et la bête, un conte qui réunit les lecteurs comme les auteurs depuis quelques années. Je n’ai lu que le premier tome, n’ayant pas trouvé le second et le troisième édités en français.

Ici, on observe la recette classique de ce type de roman fantastique young adult. Soit ; un beau prince aux apparences trompeuses, une héroïne indomptable, une méchante enchanteresse ainsi qu’un peuple en péril et désoeuvré. Ce roman est une réécriture intéressante, qui manque, au demeurant, d’originalité (hormis le fait que deux mondes se côtoient ; l’un moderne, est le nôtre et celui de l’héroïne, l’autre moyenâgeux est celui du prince).

Le personnage intéressant de ce roman ? Harper, handicapée, d’abord peu confiante, puis ensuite intrépide. Elle incarne la jeune femme moderne qui va au-delà de ses limites et impose ses choix (pas sans douter, ni se remettre en question, ce qui ajoute de la crédibilité). Même si, à la lecture des premières pages, ce n’était pas gagné. Son histoire, sa construction et son évolution sont très intéressantes.
Mais aussi, le personnage de Grey ; sortant du lot, loyal, parfois humoristique, original, fort et mystérieux. Dit comme ça, il répond lui aussi au stéréotype du personnage secondaire. Il n’en est pas moins vrai qu’il est attachant.

Vient ensuite, le prince maudit (Rhen), joli martyr… et là, on tombe rapidement dans le larmoyant… à défaut de parler de concept fatigué.

Une plume fluide et dynamique nous propose un récit au rythme soutenu, qui engendrent une lecture rapide et agréable (malgré quelques longueurs). Ainsi qu’une intrigue intéressante, qui aurait mérité qu’on lui laisse plus de temps pour s’affiner, prendre plus de poids. Tout va vite (pour les personnages), le lecteur n’a pas le temps de s’appesantir sur le vécu émotionnel des protagonistes, ni sur leurs évolutions, et encore moins sur le déroulement du récit que nous propose l’auteure. De fait, c’est lent, tout en créant des manques (tout un paradoxe).

Tandis que, à mon humble avis, la romance proposée est bancale (en plus d’être très prévisible). Une bonne partie du roman, c’est vers le commandant (garde du prince) que l’héroïne se tourne. Dans ces moments-là, le récit induit qu’il se passe quelque chose, on note du respect, de l’admiration, de la confiance. On est presque orienté vers l’hypothèse d’un futur potentiel triangle amoureux. Alors qu’avec le second protagoniste (Rhen), ne survient (pendant longtemps) que méfiance et défiance (du côté d’Harper). Et malgré ça, c'est bien avec lui que l'héroïne se lie. Bien sûr, le prince en ressent de la jalousie, et ne se prive pas pour le faire comprendre. Ajoutons à cela, son passé d’héritier du trône arrogant, son introspection au temps de la malédiction, ses tentatives infructueuses pour obtenir ce qu’il désire par la ruse, la naissance de ses sentiments pour Harper… et vous avez déjà un bon résumé de cette histoire.

Je déplore également, le peu de temps accordé au côté épic. La violence gratuite de l’enchanteresse aurait pu être davantage approfondie, les combats plus détaillés, les intrigues propres à la gestion du royaume également. L’auteure a fait le choix de mettre la relation des deux héros au-devant de la scène au détriment d’une intrigue pleine de potentielle (même si c’est déjà plus équilibré que dans d’autres romans du genre).

Je voulais également revenir sur les actes perpétrés et justifiés par la malédiction, qui enlève de son charme au personnage principal. Ici, on évoque tout simplement la manipulation consciente de femmes vulnérables. D’ailleurs, il est même dit que très peu, pour ne pas dire aucune ne s’est « rebiffé », séduite par les attraits et le statut du prince. Bien qu’Harper ne réponde pas à ses critères, davantage d’argumentations auraient été les bienvenues.

En conclusion c’est un roman qui assure un moment lecture agréable, qui se lit vite et bien. J’irais même jusqu’à dire que c’est une réécriture réussie, bien que je sois mitigée. La plume est simple, mais pas dénuée d’intérêt. Bien que manquant d’approfondissements, le récit dans son entièreté est plutôt cohérent. Tandis que le dénouement de ce premier tome, laisse place à une nouvelle intrigue intéressante, annonçant une suite. Les amateurs de contes devraient se satisfaire sans mal de cette lecture.