Elegant Floral Wedding Invitation Card-3.png

Résumé :

Célèbre icône de l’hyperforme, Deborah Sapoznik cherche à prendre ses distances avec le monde de l’art. Le temps d’un été, elle se laisse convaincre d’emménager avec son fils Yoni sur l’île de Napampark. Rapidement, l’adolescent tombe sous l’emprise d’une voisine qui souhaite l’initier à une obscure pseudo-science appelée psynésie. Programmé pour que des mots déclencheurs produisent chez lui de vives réactions émotionnelles, il sombre peu à peu dans la psychose et devient une menace pour tous les habitants de Napampark.

Un univers paranoïde et glaçant basé sur d’effrayantes techniques de contrôle mental. Certainement le roman le plus inquiétant d’un auteur décidément hors norme.

Elegant Floral Wedding Invitation Card-3.png
Capture d’écran 2022-03-07 à 11.25.41.png

Magma est un roman sombre, porteur d’une ambiance malsaine, semant des miettes d’ésotérisme sur le chemin de la décompensation psychique d’un adolescent en mal de vivre. Un livre qui se lit rapidement, peut-être trop, tant j’ai dévoré chaque page et j’aurais aimé pouvoir en savourer davantage.

Une histoire bien écrite, servit par une plume fluide et vivide, alimentée par une imagination fertile.

L’auteur sait, sans aucun doute, poser son cadre, induire un vécu malaisant de cette lecture. L’atmosphère, présente dès les premières pages, s’épaissit à chaque avancée du récit.

Ici nous découvrons, et suivons, un personnage adolescent ; taiseux, froid et lunaire. Ainsi que sa mère ; désabusée, méprisante et orgueilleuse. Deux personnages peu engageants, qui entrent en relation avec d’autres protagonistes, aussi peu intéressants (et c’est complètement voulu par l’auteur), que sordides, « perchés », ou encore désagréables.

En somme, un huis clos, dans un immeuble qui réunit un savant groupuscule de personnages à la fois ; assommants, grincheux, ennuyeux, dominateurs ou serviles, délirants, ou encore suscitant chez le lecteur une forme de pitié méprisante, de l’agacement, etc…

En bref, un travail sur les personnages que j’ai beaucoup apprécié. J’ai été moi-même surprise, pour le si peu de pages, à ; hausser les sourcils, rouler des yeux, souffler, rire, grogner, etc… C’est dire que cette lecture fut pour moi, tout ce qu’il y a de plus vivante.

Au-delà de ma perception des locataires de cet immeuble, le pan ésotérique, mystique est très bien amené. Bien qu’explicité, il n’est pour autant pas exploité à son plein potentiel (selon moi). Mais, ça suffit amplement dans le cadre de cette lecture. Un personnage étrange, tant par son apparence que ses interventions dans le récit, assoie son emprise / sa domination sur un autre influençable et malléable.

Le lecteur plonge alors progressivement et profondément, en vitesse accélérée, dans un gouffre qui se veut de plus en plus sombre et même inextricable pour sa proie. Un protagoniste qui s’enlise dans la folie. Une décompensation provoquée, exploitant un terrain propice. Mais aussi, mal contrôlée, qui engendrera par la suite un véritable cauchemar.

L’auteur nous dépeint donc, un tableau sordide, incommodant sur ; l’aliénation, la manipulation, l’endoctrinement, la torture, … Et donc, sur ; les dérives sectaires ou encore propres à certaines formes de conviction (religieuses, ésotériques, pseudo-scientifiques, …). C’est sans parler, de la vulnérabilité des adolescents et de l’impuissance de leurs parents, tant pour les comprendre, que les protéger.

Le personnage étrange, se meut « gourou » / « mentor » / « prédateur », sa prestance est particulière, bien que douteuse. Issu d’un milieu aisé, il ne présente pas suffisamment bien pour abuser un adulte cartésien, à l’esprit éclairé, ayant conscience de certains dangers, et ne craignant pas l’adversité ou encore l’inéluctable. En revanche, bien suffisamment, pour en influencer un qui cherche des réponses dans les croyances et « la magie ». Surtout pour les désespérer espérant échapper à la souffrance, la maladie ou la mort … Alors que dire de jeunes adultes en quête d’une identité, de compréhension et de reconnaissance ?

Pour en revenir à la construction de l’histoire, le dénouement, bien qu’évoqué dès les premières pages, ne laisse pour autant pas envisager son ampleur. Certes, le lecteur sait ce qui attend le personnage principal dès le début. Mais il ignore tout de son parcours (qui se dévoile au fil du récit), sa déchéance, et encore plus, ses futures aspirations et capacités …

Une histoire qui narre la naissance d’un être violent, à l’esprit torturé, obnubilé depuis toujours par ses ténèbres personnelles, qui ne demandaient qu’à être exploitées. Mais, qui expose également, l’échec cuisant d’un être d’abord malade, ensuite répugnant, convaincu de son omnipotence / de sa toute-puissance. Un de ceux qui finira en décrépitude, pour ne plus laisser que le souvenir indélébile d’un croque-mitaine affreux se terrant dans les recoins d’une chambre d’ado, ou encore d’un vulgaire amas de chaires et de cendres …

Le roman est court et donne la sensation (qui ne m’a pas du tout dérangé, et j’insiste) de lire une longue nouvelle (un format que j’affectionne tout particulièrement). Une lecture que j’ai beaucoup visualisée, qui m’a fait passer un excellent moment, qui m’a donné envie d’en connaitre la suite dès le premier chapitre. Vous l’aurez compris, j’ai tout simplement aimé ce livre. Amatrice de ce genre d’atmosphère, de ce type de récit, j’ai été comblée !