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Résumé :

John mène une vie vide de sens. Mary, sa nièce de sept ans, l’entraîne à bord d’une croisière méditative de dix jours. Le duo improbable, à la relation quelque peu conflictuelle, se lance dans une excursion riche en rencontres. Gregor, à la timidité maladive. Elizabeth, au sourire mystérieux. Jasmine, princesse sans pitié. Et le vieux, installé sur le pont du bateau, qui cache un terrible secret.

Entre romance, amitié et filiation, ce récit initiatique vous réjouira et vous transportera sur l’Atlantique au gré des cahots de la vie. Découvrir ce qui rend les gens beaux, c’est la promesse que tiennent les personnages de ce roman haut en couleur !

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« La beauté des gens » ne pouvait pas porter meilleur titre en guise d’introduction à sa lecture. L’auteure nous emporte sur le Lusitania, un énorme bateau très peu exploité, dans le cadre d’une croisière méditative. Un navire sur lequel vont monter divers personnages, tous très différents, je dirais même, que tout oppose.

Une excursion méditative, pendant laquelle personne ne semble réellement passer un bon moment (hormis quelques instants ici et là). Tandis qu’aucune activité à proprement parler n’est proposée dans le cadre d’un programme quelconque. Alors que l’adjectif méditatif, laisse à penser que quelque chose sera apporté en plus de la traverser, pour permettre aux passagers ; un moment de déconnexion (outre les flots, l’immensité de l’océan et le dépaysement), de se recentrer, de faire évoluer ou grandir la conscience, un accompagnement quelconque, …

La croisière se fait, pour autant, bel et bien l’apanage d’une plonger introspective pour chaque personnage que le lecteur suivra. Visiblement le vide instauré par la vie sur ce bateau, suffit à bousculer l’engrenage des névroses propres à chaque protagoniste monté à bord. Et ce, dès les premières heures du voyage.

Les participants sont tous caricaturés, en décalage avec le commun de notre réalité (lecteur). Peut-être, leurs personnalités se sont-elles vues exacerbées à bord du Lusitania ? Leurs réactions sont excessives, leurs sens des responsabilités discutables, leurs compréhensions de l’autre lamentables, … Pour autant, chaque individu est très travaillé, et ce, avec cohérence (dans l’extrême des caractères proposés), et bien décrits tant physiquement que psychiquement.

Ici, l’auteure instaure, sans en avoir l’air, une forme de distance entre le lecteur et ses protagonistes ; comme si on les recardait à travers une vitrine. On nous explique tout ce qu’il se passe, jusqu’au moindre frisson d’émotion, mais avec une forme de détachement (peut-être à cause de ou grâce à l’utilisation du présent). On expérimente cette lecture, à l’image du vécu de la vie du personnage principal. Un vécu, sans forme, limite éthéré, auquel rien ne saurait s’accrocher pour y laisser une trace quelconque. Une lecture qui se veut pour autant immersive.

Les relations entre les personnages sont fragiles, chacun y va de ses besoins égoïstes. Y laissant sans le moindre scrupule, les caprices de leurs egos, leurs angoisses, leurs difficultés relationnelles, leurs fragilités narcissiques, … A croire que cette croisière fait tourner chaque passager autour de son propre nombril.

A noter que le personnage enfantin, à travers ses répliques et sa façon de penser, perds de la candeur et de la légèreté propres aux enfants de sept ans, qui rendent ses interactions peu crédibles. Pour autant, ce protagoniste reste un de mes préférés.

Une plume poétique et intéressante, bien que discontinue, emporte le lecteur au gré de l’avancée de cette croisière méditative. A grand renfort de métaphore et d’analogie bien trouvées, les descriptions s’imposent au lecteur, vivides.

En résumé, une histoire de croisière, qui prend les allures de celle de naufragés. D'égarés à leurs propres consciences, leurs propres existences, en quête d’une nouvelle direction à suivre. Dans une ambiance brumeuse, limite nébuleuse. Que rien ne viendra jamais éclaircir, si ce n’est les conclusions de chacun arrivé à destination… Enfin, pour presque tout le monde…

Vous l’aurez compris, ouvrir « La beauté des gens », c’est embarquer pour une histoire originale, à la rencontre de personnages aux passés plus ou moins douloureux… Aux histoires que chacun porte tel un boulet à la cheville, en quête d’une clé qui les en libèrerait enfin. Le côté initiatique de cette croisière ainsi que son dénouement sont bien amenés. Pour un huis clos, choisi avec intelligence, qui permet de mettre à profit les pensées et tergiversations des passagers du Lusitania.

Je ne me suis pas attachée aux personnages, mais je suis de ses lecteurs qui n’en ressentent pas le besoin pour apprécier un livre. Tant qu’ils sont travaillés avec profondeur, mes attentes sont satisfaites. En conclusion, ce roman m’a offert un moment lecture agréable.